Mon histoire américaine, comme c'est souvent le cas, a commencé à l'aéroport de New York, où nous, trois amies prêtes pour le meilleur été de notre vie, sommes arrivées fin mai.
(Faites connaissance : Kristina avec ses lunettes, moi (Violetta) et Veronika)
Il fallait environ 6 heures pour atteindre notre futur lieu de travail. C'est pourquoi nous avions convenu à l'avance avec une agence russophone d'un transport vers une autre ville. Un petit bus est venu nous chercher à l'aéroport, dans lequel, selon la vieille tradition russe, nous avons entassé deux fois plus d'étudiants que ce qu'il pouvait contenir, et c'est ainsi, comme des sardines en boîte, que nous avons pris la route.
Notre chauffeur s'est avéré être un émigré russe. Il faisait partie de ceux qui, au début des années quatre-vingt, sont arrivés aux États-Unis depuis l'URSS pour une vie meilleure et du Pepsi-Cola. Pendant tout ce temps, il n'a pas lâché le volant et a maintenant pris sa retraite américaine bien méritée. Selon lui, parmi les émigrés, seuls les enfants et les retraités vivent bien, car l'État se soucie le plus de ces deux catégories. C'est pourquoi, en Amérique, tout le monde travaille comme un forcené jusqu'à la retraite pour enfin pouvoir vivre. Faire une croisière aux Caraïbes, sauter en parachute, faire de la course automobile. Sérieusement ! Les retraités ici s'éclatent autant que les jeunes ! Le chauffeur vit ici depuis près de 30 ans, mais il n'a toujours pas perdu son accent russe caractéristique. Il appartient à cette catégorie de Russes en Amérique sur laquelle Dovlatov a tant écrit. Ils adorent parler de la Russie dans un contexte comparatif, avec ou sans raison, ils sont nostalgiques à chaque mot, mais ils ne veulent pas retourner en arrière. Et puis, ils n'ont aucune raison de le faire.
Nous nous rendions dans une petite ville, Ocean City, sur la côte océanique. Là-bas, je devais passer 4 mois pour un travail saisonnier.
(Ocean City, Boardwalk, photographe Chris Parypa)
(Centre commercial "Gold Coast Mall")
(Boardwalk de l'intérieur, photographe Chris Parypa)
(Ocean City. Vue depuis notre travail)
Pendant que le chauffeur racontait des anecdotes sur la vie d'un émigré russe aux États-Unis, je ne quittais pas la fenêtre des yeux et j'observais l'Amérique des maisons de plain-pied. Les routes, comparées aux russes, sont un vrai conte de fées ! Ce pays est fait pour les automobilistes, pas pour les piétons. Et que dire, quand on apprend aux enfants dès leur plus jeune âge qu'à 16 ans, ils auront leur première voiture. Dans les auto-écoles locales, des adolescents de treize ans apprennent, à qui on explique le code de la route sous forme de dessins animés et de jeux, et pour une bonne réponse au tableau, on donne un bonbon. C'est pourquoi leurs routes sont lisses et la conduite est très sûre.
Pour anticiper, je ne peux pas m'empêcher de partager l'histoire de la façon dont mes amies, Veronika et Kristina, et moi avons loué notre première voiture pour un voyage.
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