Onzième jour
Il était temps d'aller chercher le Social Security Number. Tous ceux qui travaillent en Amérique doivent avoir ce numéro pour être socialement protégés contre les actions illégales de l'employeur. Le bureau se trouve dans un immense bâtiment, au 28e étage (il y a environ 38 étages au total). En nous approchant du bâtiment, nous avons vu un homme du Sud avec un genou blessé par balle, et des flics à côté. La file d'attente ici est électronique : on s'approche de la borne, on choisit ce dont on a besoin et on appuie sur le bouton. On reçoit un ticket avec un numéro qu'il faut écouter (à Moscou, c'est mieux fait, le numéro s'affiche aussi). Nous avons attendu 1 heure et 20 minutes, tout ça parce que nous sommes arrivés trop tôt, alors que la dame qui délivre les numéros n'a ouvert qu'après 14h. Ce qui est surprenant, c'est qu'ils laissent entrer tout le monde, y compris les sans-abri. Bref. Un sans-abri a raté son tour et a commencé à s'énerver (parce qu'il devait reprendre un numéro et attendre). Un flic s'est approché de lui en demandant « des problèmes, mon pote ? », il a commencé à s'indigner, est sorti, on a entendu des bruits de lutte et quand Sasha et moi descendions, après avoir déposé notre demande, nous avons vu comment ils l'ont maîtrisé, fouillé, il criait « mother f***er », il pleurait presque. En somme, une scène terrible.
Ensuite, nous sommes allés à Wall Mart. Il fallait acheter des chaussons depuis longtemps. Il y en avait à 1 $, mais j'ai pensé que c'était vraiment trop bon marché. Nous avons commencé à en regarder d'autres, ceux avec des symboles de bière avaient l'air pas mal, mais comme ils étaient rigides et en plus avec de la bière, j'en ai pris des neutres à 5 $. Entre autres, j'ai pris du raisin vert pour 99 cents venant du Mexique (0,5 kg). Quels sacrés Mexicains ! Ils cultivent et inondent l'Amérique avec leurs fruits. D'ailleurs, dans mon État, des pêches poussent et quand elles seront mûres, ce sera la saison de les manger.

