Probablement, le travail m'a permis de faire la connaissance de quelques autres personnes sympathiques. Bien sûr, rien ne garantit qu'elles deviendront mes amies, mais quand même... C'est agréable de discuter avec ces deux jeunes femmes. Ce sont des amies. Ukrainiennes. Elles ont un accent si... traditionnellement ukrainien. Elles sont bien ! Ne faites pas de grimaces moqueuses, d'accord ?! Rappelez-vous plutôt ma conviction que l'on rencontre de bonnes personnes partout. On peut même dire ceci : chaque personne a des côtés positifs et négatifs. Nous sommes définis par ce que nous choisissons pour nous-mêmes. Rien n'arrive « tout seul » ! Ces deux jeunes femmes me semblent à la fois adéquates et bonnes. Pourquoi se sont-elles retrouvées ici ? Ce n'est pas mon affaire. Je ne demande rien à personne à ce sujet. Il m'est plus agréable de savoir (et c'est le cas) qu'elles prévoient de se tirer d'ici. — On aime beaucoup ce pays. Si seulement il n'y avait pas ce travail ! — ont-elles confié. Mais ce n'est pas si simple pour elles de s'échapper, c'est là tout le problème. Les visas des filles sont des visas de strip-teaseuses. Leur club les leur a fournis, et il a le droit, si elles décident soudainement de démissionner, d'arrêter leur durée de validité. Je ne peux pas affirmer que c'est vraiment le cas, mais tout le monde le répète. Alors, il ne leur restera plus qu'à rentrer chez elles. C'est pourquoi, semble-t-il, le seul moyen d'éviter cela est de déposer une demande pour un visa ordinaire. Et si ça marche, si on le leur donne, alors tu es libre de ton choix. Certes, ce n'est pas si simple non plus. Dans notre programme, les visas sont des visas de travail. Et de la part d'IEC, nous avons tous une autorisation officielle pour le programme d'échange, ce qui suppose et nous donne le droit de travailler. Sans ce papier, il sera beaucoup plus difficile de trouver un emploi. Mais pas impossible. Car un employeur regardera cela, et un autre non. Ensuite, cela dépendra aussi de tes propres qualités professionnelles et communicatives. L'une s'adaptera et tout ira parfaitement pour elle, même avec le visa le plus précaire. L'autre sera une incapable avec son visa en or. C'est la vérité, je m'en suis convaincu maintes fois. Bon. Qu'en est-il d'aujourd'hui ? Le matin, je me suis promené avec Kristina, puis nous nous sommes assis dans un café avec Ira et Katya et les filles du travail (avec ces deux dernières, je me voyais pour la première fois en dehors du travail). Enfin, j'ai retrouvé Irka après son voyage ! Deux semaines sans se voir. Ensuite, les gens se sont dispersés, et Ira et moi sommes restés — nous ne travaillons pas aujourd'hui !!! Nous avons regardé un spectacle sur mon ordinateur et sommes allés chez elle pour manger une pizza. On a parlé, parlé et parlé. À cœur ouvert. Irinka est une personne sensible. Il semble que pour la première fois de ma vie, j'ai compris pourquoi les filles russophones s'enfuient à l'étranger en si grand nombre. Vous connaissez la raison ? Elles sont bienvenues partout, tout le monde aime les Slaves, partout elles sont considérées comme les plus belles. Et à qui cela ne plairait-il pas ? Nous aspirons tous à un environnement où nous sommes les bienvenus et désirés. Et moi qui pensais que ce n'étaient que des mots, qu'il n'y a pas plus belles que « les nôtres » au monde. Mais il semble que ce ne soit pas juste un dicton. C'est une vérité bien réelle (j'insiste intentionnellement sur les russophones, en incluant non seulement les miennes, mais aussi les Biélorusses, les Ukrainiennes, les Moldaves et d'autres filles et femmes russophones). C'est dommage que parmi elles, les patriotes ne soient malheureusement pas si nombreuses. Et pour moi, le patriotisme consiste en une chose simple : le fait qu'une personne NE considère aucun autre endroit pour vivre que son pays natal. Tu peux voyager périodiquement à l'étranger, parfois même y vivre pendant plusieurs années, mais sans envisager l'option d'y rester pour toujours. Sinon, ton patriotisme est étrange. Les vrais patriotes, à mon avis, sont les personnes qui souhaitent vivre sur leur terre natale. LE PETIT PRINCE « Qui t'a inventé, pays étoilé ? Je te rêve depuis longtemps, je te rêve. Je sortirai de la maison, je sortirai de la maison, juste au-dessus du quai, la vague se brise. Par une soirée venteuse, les cris des oiseaux se tairont. Je remarquerai une lumière étoilée sous mes cils, droit à la rencontre, droit, à ma rencontre sortira le confiant petit prince. Le plus important est de ne pas effrayer le conte. Ouvrir grand les fenêtres sur le monde infini ! Mon voilier fonce ! Mon voilier fonce, mon voilier fonce dans un voyage féerique. Où êtes-vous, où êtes-vous, îles du bonheur, où est la côte de lumière et de bonté ? Là où avec des espoirs, là où avec des espoirs errent les mots les plus tendres. Qui t'a inventé, pays étoilé ? Je te rêve depuis longtemps, je te rêve. Je sortirai de la maison, je sortirai de la maison, juste au-dessus du quai, la vague se brise. » Musique - Mikael Tariverdiev ; Paroles - Nikolai Dobronravov. Il s'avère que cette chanson est tirée du film « Passager de l'équateur » (peut-être tourné d'après « Le Petit Prince »). Et je n'avais jamais entendu parler de ce film ! 29 novembre 2008





