PENSÉES NOCTURNES
La solitude est la chose la plus difficile au monde. On ne peut pas la mâcher, ni l'avaler, ni la recracher. Le matin et la journée, il y a toujours quelque chose à faire, on est plein d'énergie et de désirs. Le matin et la journée sont merveilleux. Mais les soirées, pas toujours. Le soir, on n'a pas envie de rester seul.
Je n'ai jamais envie d'en parler, je repousse toujours le moment. Je ne connais pas les mots justes et appropriés pour décrire cela exactement comme c'est. Il me semble que pour les gens non plus, ce n'est pas facile d'écouter et de savoir que tu traverses des moments difficiles... Quand tu mijotes dans ton jus, que tu te caches de questions comme : « Comment se fait-il que tu sois, en théorie, une bonne personne... si tu es si bon, pourquoi, bien qu'il y ait beaucoup de personnes merveilleuses autour de toi, POURQUOI, existentiellement, es-tu toujours seul ? » Tu mènes une conversation mentale avec toi-même.
— Des gens ? Peut-être s'agit-il de quelqu'un en particulier ?!
— Une seule personne suffirait.
— C'est précisément pour cela que tu n'en parles à personne.
— Parce que, si tu ne te tais pas, ceux de ton entourage qui se disent amis...
— Oui, ils penseront que ça n'en vaut pas la peine...
— Et en réalité, il n'y a ni eux, ni personne. Et ceux qui sont là, ou qui pourraient être là, ne suffisent pas.
— ...SUR LA VÉRITÉ
Katya me demande tout le temps de ne dire à personne où elle travaille. Lyosha vient juste d'arriver, et elle lui a dit qu'elle avait démissionné du restaurant « Oy-Yo », où elle travaillait comme hôtesse jusqu'à la fin de l'hiver local, et qu'elle se reposait maintenant.
— Pourquoi ne lui dis-tu pas les choses comme elles sont, qu'est-ce qu'il y a de mal à ça ? — lui demandé-je.
— C'est ma vie. Je ne veux pas !
— Les gens soupçonneront plutôt quelque chose de mauvais si tu ne parles pas, que si tu leur dis la vérité !
Pour confirmer mon argument, il y a six mois, Ira m'a raconté un cas réel : elle avait caché à une connaissance locale où elle travaillait, en inventant un autre lieu. Après un certain temps, le mensonge a été découvert et elle a dû dire la vérité. Savez-vous ce que cette connaissance lui a répondu ? Il a dit :
— Je le savais !
Et que savait-il ? Il ne pouvait que supposer ou deviner. Et, comme il s'est avéré, il a supposé quelque chose de bien pire que ce qui était en réalité. Et si elle lui avait tout dit honnêtement et directement dès le début, elle se serait épargné, à elle-même et à lui, des « moments » désagréables. Voilà. Et c'est pourquoi j'ai l'intention de dire la vérité ! Pour moi, c'est mieux et plus juste.
Maintenant, je ne sais pas quoi faire : je ne veux pas offenser Katya, mais que faire, jeter le livre ? Je ne peux pas effacer Katya des pages, et je ne le veux pas non plus. Pour moi, c'est une question douloureuse. Ce travail est une œuvre intégrale. Comment peut-on, et surtout de cette manière, le « raccourcir » ? En résumé, il ne reste qu'à espérer que Katya me pardonnera. Je ne vais pas essayer de m'excuser, de dire que je ne suis pas coupable, d'inventer des raisons pour lesquelles « je n'ai pas pu couper les faits ». Non, je suis coupable, c'est évident ! Je l'ai raconté ! J'admets que je me comporte mal. Et si Katya est offensée, elle a des raisons de l'être. Et j'ai honte.
AU TRAVAIL, ON M'ATTEND COMME UN MIRACLE
« Et maintenant, discothèque ! » — me dis-je pour ne pas devenir fou avec mon travail. Et c'est ce qui arrive : on m'attend là-bas comme un phénomène extraordinaire. Surtout les collègues barmans. La raison ? Il y en a plusieurs : ils me voient maintenant environ deux fois par semaine, selon la fréquence à laquelle ils ont un tour avec moi. Alors que d'autres visages leur fatiguent les yeux pendant quatre jours. D'autres raisons ? Je me fiche de tout : je me comporte comme je veux. Je ne me soucie pas vraiment de savoir si je pourrai garder ce poste ou non. Plus encore : avec mon comportement, je « demande presque » à être licencié. Quand je suis arrivé, il y a deux mois, on m'a dit que je devais danser, alors j'ai commencé. Apparemment, ils dansaient avant moi, mais maintenant c'est joli. Avant, ils étaient un peu chacun de leur côté. Mais moi, j'écoute la musique et j'essaie de bouger en rythme. Et Tubani et Oscar se mettent à ma droite et à ma gauche et se joignent à mes mouvements. Ça a l'air, j'imagine, génial ! Ensuite, on nous a dit plus d'une fois : « Vous avez super bien dansé ! » Voilà. En résumé, j'apparais là-bas comme un miracle et je travaille comme si c'était mon dernier jour, de telle sorte qu'après, j'ai besoin de beaucoup de temps pour me remettre de ces journées. Et de telles personnes, en général, ne sont pas licenciées !
SUR LES CADEAUX
Le Nouvel An approche, donc c'est encore plus pertinent. Dima, un ami à moi (nous allions ensemble à un groupe de psychothérapie, il y va toujours, chez le même psychologue et psychothérapeute), me demande :
— Qu'est-ce que je leur offre pour le Nouvel An ? — et il arrivait toujours que les années précédentes, les idées sur ce qu'il fallait offrir venaient de moi.
— Je ne sais pas, Dim ! — ai-je répondu, — inventez quelque chose ! Offrez quelque chose pour qu'ILS comprennent et sachent CE qu'ils signifient pour vous.
J'ai d'une certaine manière découvert une formule universelle et maintenant je veux la partager. Comment m'est-elle venue ? Probablement de manière intuitive.
Je me souviens immédiatement de cas où, pour moi-même, il était très agréable et inattendu de recevoir des cadeaux géniaux. De plus, à ce moment-là, je sentais qu'ils m'avaient été offerts « TRÈS POUR MOI », que la personne qui l'offrait m'avait ressenti, m'avait « correctement lu ». Sûrement, au moins une fois dans sa vie, chacun d'entre nous a vécu une expérience similaire : la personne te « voit tellement entre les lignes » (pas seulement comprendre, comprendre ne suffit parfois pas !) qu'elle sait exactement ce que tu aimerais. Et ça, je le sais par expérience, ne peut pas ne pas te toucher.
C'est précisément de cela qu'il faut partir. Elle aime les fleurs ? Eh bien, offrez-lui une petite fleur en pot ! Il aime les avions, offrez-lui un album coloré avec des photos des modèles qui l'intéressent. Si quelqu'un aime les chevaux, organisez une excursion dans un club hippique et essayez de tout arranger pour qu'il ait l'occasion de monter. Et s'il a peur, alors en traîneau (si c'est l'hiver). Eh bien, et ainsi de suite. Le principe, j'espère, est compris !
Moi, par exemple, je déteste toutes sortes de souvenirs, peluches, aimants et autres bêtises qu'on offre habituellement « pour s'en débarrasser », « pour la forme ». Je serais plus heureux avec un pot de deux litres de jus de pêche. Ou du lait de ferme. Et vous ? Quels cadeaux vous rendent heureux ?
Pour « faire un bon cadeau », il faut ressentir la personne. Et inversement, si vous êtes ravi du cadeau qu'on vous a fait et que vous comprenez que c'est un cadeau « très personnel », alors vous êtes heureux ! Et souvent, pas tant pour le cadeau lui-même, mais parce que la personne qui vous l'a offert vous connaît si bien. Et vous comprend.
05 décembre 2008





