Et nous voilà en approche de Chicago. On ressent immédiatement quelque chose de nouveau, d'inhabituel et de grandiose. L'approche d'une grande ville se reconnaît à la largeur des routes et des infrastructures menant au centre. En entrant dans Chicago, la route devient si large qu'on n'a pas toujours le temps de se rabattre vers la bonne sortie et on finit par faire des kilomètres en trop. Les autoroutes fusionnent, se séparent et se croisent tout simplement comme des rues. J'ai aussi entendu dire qu'à Chicago, et dans l'Illinois en général, c'est l'endroit le plus facile des États-Unis pour obtenir un permis de conduire. Cela se ressent immédiatement, ici même, sur la route. Les conducteurs conduisent de manière si extrême et audacieuse qu'on se souvient de la bonne vieille blague soviétique sur la priorité entre la voiture et le permis.
Chicago est immense. Quand on y entre, on attend immédiatement le moment où l'on verra le centre-ville avec ses gratte-ciel, mais une heure, une heure et demie, deux heures passent, et on ne les voit toujours pas. La région de Chicago est la plus grande agglomération du monde après New York. Alors, armez-vous de patience.
Chicago a brûlé à la fin du XIXe siècle, puis a été reconstruite à partir de zéro. Cela se ressent dans le plan assez linéaire et l'emplacement réussi des objets. Les rues sont larges, les maisons hautes et s'harmonisent parfaitement entre elles, contrairement à New York. Ici, on peut voir de tels chefs-d'œuvre d'architecture en hauteur que tout Manhattan semble provincial et ordinaire, simple et sans éclat. C'est ici que se trouve le plus haut bâtiment des États-Unis : la Sears Tower. Certes, cette année, il a été renommé, mais dans le cœur des habitants et des touristes du monde entier, il reste Sears !
À Chicago, c'est incroyablement propre. Il n'y a pas cette odeur désagréable d'ordures qui ne vous quitte pas à New York. Beaucoup de parcs, de fontaines, de places. Le souffle vous coupe quand vous arrivez sur les quais de la rivière et que vous voyez ces géants, les premiers gratte-ciel du début du siècle, qui l'entourent de tous côtés. Après tout, autrefois, les bâtiments étaient construits avec une âme, dotés de décorations, alors qu'aujourd'hui tout se résume au minimalisme du verre et du béton.
Le bord du lac Michigan mérite un article à part. Une immense bande de parc qui s'étend le long de la ville, avec des sentiers pédestres, des jardins, des lieux pour faire du sport et une exposition de sculptures abstraites si chères aux Américains. C'est là que se trouve le Navy Pier, une longue jetée qui s'enfonce dans le lac, qui est aussi l'épicentre des divertissements familiaux. On y trouve également de petites plages très accueillantes avec du vrai sable de rivière blanc et fin. L'eau est étonnamment chaude, très chaude, au point qu'on ne sent même pas la différence de température quand on s'y plonge.
Quand la nuit tombe, Chicago devient encore plus parfait. Toute cette merveille féerique d'architecture en hauteur commence à briller et à s'illuminer, et en plein centre, dans le quartier du Loop, les lumières des célèbres théâtres et comédies musicales s'allument. Chicago est une ville très culturelle. Nulle part ailleurs aux États-Unis je n'ai vu autant d'affiches et d'annonces invitant les gens à des soirées culturelles, des concerts classiques, des premières théâtrales. Même les gens, les simples passants, ont l'air plus sérieux et intellectuels.
C'est dommage de quitter cette ville si tôt. Si j'ai la chance de retourner aux États-Unis, ma destination sera précisément Chicago !





