Premiers jours aux États-Unis, Honduras
Jeudi 16 octobre 2008
Départ
26 mai
J'ai quitté Saint-Pétersbourg sans encombre. J'étais prêt à temps, même si j'ai eu une petite panique en pensant avoir oublié quelque chose ou ne pas avoir réussi à payer ma carte téléphonique sur Internet. Il y avait une tension désagréable dans l'air.
Il y a eu un moment difficile quand mes parents m'ont accompagné jusqu'au train pour Moscou (le vol pour les États-Unis partait de Sheremetyevo). J'ai réalisé que si tout se passait bien, nous ne nous reverrions que dans 4 mois... et je ne pouvais pas être absolument sûr que tout irait bien. Pour être honnête, je n'étais même pas sûr du lendemain, car je n'avais jamais voyagé seul dans de tels trains... En fait, je n'avais jamais rien fait seul : je n'avais jamais vécu seul, travaillé, cuisiné ou voyagé... Et bien que j'étais presque certain de pouvoir gérer tout cela brillamment, un vrai test m'attendait.
Bref, j'avais vraiment peur, mais quand les problèmes surgissent, la force pour les résoudre apparaît en même temps. Je n'ai rien laissé paraître et je me suis comporté avec assurance. C'était déjà très dur pour mes parents sans que j'ajoute ma panique ; ma mère pleurait, mon père me regardait droit dans les yeux en essayant de comprendre ce que je ressentais. Aujourd'hui, il est clair qu'ils ont vécu un été bien plus difficile que le mien...
Personnellement, ce qui m'aide, c'est ceci :
"La douleur émotionnelle est aussi une perte de potentiel de survie... Seulement, l'homme ne perd pas de tissus corporels, de cellules ou de fonctions physiologiques. Il perd des parents proches, des êtres chers, des objets personnels, un chien ou un chat, ou bien il perd son statut ou le respect, etc... Un psychologue dirait que la perte par une personne (qu'il s'agisse d'objets importants ou d'êtres vivants proches) entraîne une diminution des facteurs contribuant à sa survie, et c'est pourquoi elle est contrariée."
Extrait de Wikipédia. J'aime beaucoup ramener toutes les manifestations de l'activité humaine à des manifestations animales, quand l'occasion se présente =) Peut-être que cela vous aidera aussi, comme si la prise de conscience vous élevait au-dessus du problème lui-même ?
Voilà. La contrôleuse ordonne à tous ceux qui accompagnent de descendre. Je monte dans le train, je fais signe à mes parents, le train démarre...
27 mai
Ensuite, il y a eu Moscou, l'ambiance était bonne, une nouvelle ville, tout était curieux. J'avais une dizaine d'heures avant mon vol, donc j'ai eu le temps de faire le tour de la Place Rouge, du Kremlin, et de m'asseoir dans un cybercafé sur l'Arbat. J'avais oublié à la maison une copie de ma carte militaire, les flics auraient pu m'embêter, ce qui n'était pas du tout le moment, j'ai appelé, ma mère l'a envoyée et je l'ai imprimée. Pour savoir exactement dans quel sous-sol se trouve le cybercafé, il vaut mieux demander aux vendeurs dans n'importe quel magasin de l'Arbat - c'est comme ça que je l'ai trouvé. Trois heures avant le départ, je prends le métro. Station Rechnoy Vokzal. De là, des navettes partent pour les terminaux de l'aéroport. J'avais besoin du terminal 1, je crois. Autour de moi, les gens sont tous avec des sacs, pressés, certains inquiets. Un de ces gars nerveux dans la navette est sorti par les bras par des "agents de sécurité", ils commencent à l'agresser parce qu'il n'a pas payé le bus et qu'il va devoir payer une amende, sinon il n'ira nulle part. Il se justifie, il est pressé, inquiet et sort son portefeuille. Je le plains. De telles choses ne marcheraient probablement pas avec moi, sans compter que je suis costaud, j'ai aussi une expérience inestimable et réussie pour obtenir ma carte militaire du bureau de recrutement. Depuis, je sais comment lutter contre l'arbitraire bureaucratique et je n'ai pas peur. J'aurais pu aider le gars, mais j'étais déjà assis dans la navette et elle était bondée. (D'ailleurs, ces bus semblent passer toutes les demi-heures, il vaut mieux attendre le suivant qui est vide).
Vol
À l'aéroport, j'ai réalisé que je n'avais aucune idée de ce qu'il fallait faire ensuite. (La dernière fois que j'ai pris l'avion, c'était il y a très longtemps avec mes parents). L'ambiance est excellente, j'ai trouvé quelques filles avec des t-shirts IEC, je m'approche et je dis "Moi aussi !" en souriant comme un idiot =) Ensuite, on a discuté, j'ai renversé une bouteille d'eau sur moi par accident, bref, je suis distrait et heureux de vivre. Les autres m'ont expliqué comment se passe l'embarquement. Deux filles partent pour la deuxième fois, vers un endroit connu, l'une à Los Angeles, l'autre à New York, les autres leur posent des questions. Ils bandent leurs sacs - alors j'ai aussi scotché une note avec le vol et l'adresse de l'employeur. Finalement, j'ai pris le sac et le sac à dos à bord - ils ont autorisé.
On vole avec Alitalia, jusqu'à Milan sur un petit avion. 3 heures 45 minutes. Un Airbus Industrie A320. 6 sièges par rangée. C'est cool, les vols ! Vous connaissez vous-mêmes les sentiments quand on voyage loin, pour moi, c'est juste du bonheur.
À l'aéroport de Milan Malpensa, nous avons une escale qui dure toute la nuit (overnight flight). Toute la nuit, les gens de notre avion errent sans but dans l'immense terminal vide et fermé, à la recherche de magasins ouverts ou juste pour flâner. Mes connaissances ne sont que des filles, je ne m'intègre pas vraiment dans leur groupe et leurs conversations, alors je m'isole et j'explore le terminal seul. C'est intéressant de voir où est quoi, les inscriptions ne sont pas en russe, vous imaginez - tout l'hiver à l'université/maison jusqu'à la nausée, et là, je suis libre =) Ensuite, quelqu'un trouve une petite boutique avec de l'eau et des sandwichs hors de prix, les autres accourent de tous les coins du terminal, la vendeuse nous gronde et essaie de fermer la boutique de temps en temps.
J'ai sommeil. Le problème est que tous les bancs ici sont divisés en sièges par des accoudoirs. La plupart essaient de dormir assis, certains réussissent à s'allonger en se tordant de manière complexe entre les accoudoirs. J'ai pensé que la prochaine fois, je prendrai un tapis de sol et un sac de couchage, alors je serai comme un roi. En attendant, comme le café est enfin fermé, je rassemble 8 chaises, je les dispose en deux rangées dos à dos, j'enlève mes baskets et je m'installe parfaitement sur mes affaires dans le nid ainsi formé. C'est un peu dur, mais bien mieux qu'assis =)
28 mai
Le matin, l'appareil avec Internet a commencé à fonctionner, j'envoie un message à ma famille. Ça m'énerve de devoir rendre des comptes, mais je sais qu'ils s'inquiètent. On annonce l'embarquement pour notre avion, maintenant c'est un énorme Boeing 777. Il y a neuf sièges par rangée. Le vol dure 8 heures 23 minutes, si je me souviens bien. J'ai un siège près du hublot, je le cède à une nouvelle connaissance pour qui c'est le premier vol. Même si je voulais moi-même regarder par le hublot, on ne peut pas refuser...
Au fait, on peut très bien savoir à l'avance où sont les places, par exemple sur www.seatguru.com, mais gardez à l'esprit que les lettres et les numéros des sièges d'un même modèle d'avion sont disposés différemment par les compagnies aériennes. Par exemple, dans le même Boeing 777, la rangée 20 chez Alitalia correspond à la rangée 15 chez American Airlines, chez Alitalia la classe économique est divisée ainsi ABC_DEG_JKL, chez British Airways ainsi ABC_DEF_HJK, et chez les Américains, c'est n'importe quoi : AB_CDEFG_HJ...
Pendant le vol, les gens s'amusent, tout le monde est excité, discute et fait des plans. Lena, ma voisine d'Irkoutsk, prévoyait d'aller avec de nombreux amis à Atlantic City (mais finalement, elle a passé l'été en Floride, à Fort Walton =) ils prévoient de prendre un taxi jusqu'au terminal de bus Port Authority, un gars expérimenté promet que ce sera pas cher et simple. Je pense doucement à me joindre à eux.
J'ai pris les contacts de tous mes amis du vol. Ensuite, quand nous étions plus ou moins installés, c'était amusant de s'appeler et de demander comment chacun allait, de partager ses impressions, peut-être que quelqu'un aurait besoin d'aide. J'étais sûr que c'était moi qui aiderais, mais quand tout n'allait pas bien pour moi, une bonne fille, Nastya, m'a soutenu moralement au téléphone au bon moment, elle m'a aidé... De plus, si jamais, il y a la possibilité de partir vers un meilleur endroit grâce à un tuyau. Donc, si vous partez pour la première fois, collectez les e-mails au maximum, ils seront utiles =)
Nous descendons au-dessus de New York, bon sang, la voilà l'Amérique, la vraie, et tu vas devoir te débrouiller tout seul ici. Ça devient effrayant. Quelques blagues nerveuses, les gens se referment et pensent à leurs affaires. Nous atterrissons à JFK le 28 mai à 13h50. Bref adieu dans l'avion, maintenant chacun pour soi.
New York
Le premier employé de l'aéroport que je rencontre est noir. Eh bien, j'ai de la sympathie pour les Noirs, on peut dire que je suis venu en Amérique pour voir des Noirs dans leur environnement naturel, ils sont drôles. Il sourit. Une file d'attente interminable au contrôle des passeports, nous sommes mélangés avec des Italiens, on rigole.
J'ai passé le contrôle, que faire, je m'accroche aux gars que je connais, personne n'a l'intention de discuter de quoi que ce soit. Tout le monde a les yeux écarquillés, s'agite, "Salut, bonne chance !" et ils s'éparpillent. Tant pis. Je regarde un groupe et dedans, Lena avec ses amis entoure un taxi - il s'est avéré que le prix (je ne me souviens plus combien) n'était pas pour le taxi entier mais par tête, cher. Les gars sont nerveux, discutent, un gamin monte dans la voiture et tout le monde suit son exemple. L'instinct grégaire a fonctionné. J'ai juste le temps de lancer "Bonne chance" et je reste seul.
Je peux regarder autour de moi tranquillement, ressentir le moment, l'humeur est excellente, contrairement aux attentes. J'ai atterri avec succès, maintenant le deuxième point tout aussi excitant du programme - arriver aujourd'hui à Philadelphie, puis à la petite ville d'Exton où j'ai une offre pour le déménagement.
Je décide de laisser tomber ce taxi, je vais essayer d'arriver au terminal de bus avec l'Airtrain puis le métro, comme écrit dans notre livret IEC. C'est intéressant de voir à quoi ressemble leur métro - et je ne reviendrai peut-être ici qu'en repartant à la fin de l'été ! Excellente décision, je me félicite pour ça. Il faut dire que bien que j'aie l'habitude de faire rarement des erreurs, dans l'ensemble, TOUTES les décisions que j'ai prises pendant l'été étaient pratiquement idéales, et c'est surprenant. Personnellement, je pense que les dieux m'aiment =)
L'Airtrain, c'est un truc génial, rien de compliqué, à l'arrêt il y a une carte, on peut tourner autant qu'on veut jusqu'à arriver là où il faut. J'ai d'abord besoin du terminal où il y a des ordinateurs avec Internet. Par expérience, après avoir dépensé sept dollars dans des machines délabrées où la moitié des touches manquent sur le clavier, j'ai découvert qu'au milieu du terminal 4, au rez-de-chaussée, au guichet d'information, ils donnent accès à Internet sur un ordinateur normal pour 3 $ les 4 minutes. Ensuite, je suis arrivé à Jamaica Station avec l'Airtrain (le nom me plaisait plus que Howard Beach, et il s'est avéré plus tard que c'était plus rapide par Jamaica).
Dans la machine, je choisis une carte à 7 $, trajet métro + Airtrain. Ce n'est pas compliqué - chaque personne autour peut t'aider ici. Il me semble maintenant qu'arriver n'importe où à New York pour la première fois, c'est beaucoup plus facile qu'arriver n'importe où pour un débutant à Moscou ! Malgré l'immensité de la ville et la complexité du métro, il suffit de demander au personnel - ils expliqueront de manière pacifique et claire, ils répéteront 2 fois si tu n'as pas compris =)
Néanmoins, le métro ici est vraiment terriblement complexe, il y a juste une tonne de lignes (avant, je pensais qu'à Moscou il y en avait une tonne, dans ma ville il n'y en a que 4), et dans les stations, il y a plusieurs quais. Mon cerveau n'est tout simplement pas capable d'accepter le plan du métro new-yorkais comme une carte. En plus, le système n'est pas habituel, il existe des trains express et locaux, les premiers sont rapides et ne s'arrêtent qu'aux stations marquées par des cercles blancs, les seconds s'arrêtent partout. Les deux types arrivent sur les mêmes voies, donc il faut faire attention à ce qui est écrit sur les trains. C'est chez nous à Saint-Pétersbourg que le métro est bruyant ?? Vous n'avez pas été dans celui de New York !! Les trains sont tout simplement assourdissants, le personnel travaille ici avec des bouchons d'oreilles, il faut agiter les mains pour attirer l'attention =)
Tout autour est si intéressant, tout, absolument tout. Les gens ! Bon sang - tant de nouvelles informations. Pendant que j'étais dans le métro, des centaines de nouvelles pensées traversaient mon esprit à une vitesse folle, des solutions à de vieux problèmes, des sensations oubliées depuis longtemps - voilà ce que signifie donner de nouvelles impressions à son cerveau ! Il faut nourrir son cerveau ! Voici l'une des pensées fraîches : si le cerveau a faim pendant longtemps, tu deviens stupide...
Je voyageais et je pensais, qui parmi mes connaissances a été à New York ? et moi, j'y étais... Il ne m'est même pas venu à l'esprit à ce moment-là que cet été, j'allais voir une bonne centaine d'autres endroits tout aussi époustouflants.....
Port Authority - j'achète un billet de bus Greyhound pour Philadelphie, 24 $, vers huit heures du soir. Un morceau de pizza et de l'eau, 5 dollars. Autour de moi, beaucoup de nos gars - ils sont faciles à distinguer de la foule. Pourquoi - je ne sais pas, tu fais glisser ton regard inconsciemment sur les gens, tu t'arrêtes inconsciemment sur quelqu'un, eh bien, cela arrive tout le temps, et puis tu remarques que ce quelqu'un jure soudainement en russe... 3 heures de route, j'ai presque tout dormi. La nuit, Philadelphie - c'est cool, mais je n'ai pas le temps d'admirer, je dois chercher la gare ferroviaire. J'essaie de comprendre avec la carte dans notre livret, il semble qu'il y ait 5 miles jusqu'à la gare, eh bien, que faire - je vais y aller. Au cas où, je demande - il s'avère que la gare Amtrak est juste en face de la gare routière Greyhound. Je note pour moi qu'il vaut mieux demander d'abord que d'essayer de comprendre soi-même ! 5 $ le billet pour Exton. La nuit et je suis seul à la gare. Le caissier explique longuement comment monter dans le train et où aller.
Tous ceux à qui j'ai demandé de l'aide m'ont fait répéter dix fois, ont inventé leurs propres variantes de la question, j'ai dû secouer la tête désespérément et utiliser le langage des signes, puis ils ont répété cinq fois pour que je comprenne. Et à Saint-Pétersbourg, on considérait que j'avais un bon anglais upper-intermediate, j'avais même pris des places aux olympiades régionales à l'école (deux fois troisième =). Voilà...
Le train me dépose à 23h sur une plateforme ordinaire avec un panneau Exton. La voie ferrée passe au-dessus d'une autoroute déserte, autour, il n'y a que la forêt et, si on ne compte pas la pleine lune dans le ciel, qui éclaire tout assez bien (pour une lune, bien sûr), il fait absolument noir.
Exton
Bon. Je suis un champion. J'ai atteint Exton. L'excitation s'est évaporée, j'ai faim et sommeil (après 2 jours d'aventures avec le vol et la route). Et autour, l'obscurité, la forêt et aucun signe de maisons ou d'autres signes que des gens vivent ici. Des voitures passent rarement. Je n'ai que l'adresse du motel où Vanya a séjourné, notée dans mon téléphone, le portable ne fonctionne pas ici, il ne sait pas quand j'arriverai. J'ai décidé que j'allais marcher le long de la route, sortir vers la civilisation et demander là-bas. Où aller - peu importe, alors d'abord à droite. Après environ 15 minutes, j'arrive devant des magasins, la lumière est allumée, il n'y a personne. Fermé. Sur un immense parking vide, il y a une jeep solitaire, une femme semble être assise dedans. Je m'approche et je demande - elle prend peur, se verrouille dans la voiture et démarre le moteur. Zut, ne pars pas ! Je m'éloigne et je reste là, souriant paisiblement. Elle ouvre la fenêtre, Dieu merci. "Pourriez-vous s'il vous plaît m'indiquer comment aller au motel !", je donne l'adresse : "Coach House Motel 1464 Pottstown Pike, West Chester, PA" (vous pouvez le trouver sur Google Maps). Elle pense qu'il fallait aller dans l'autre sens depuis la gare.
Eh bien, je suis revenu - je marche le long de la forêt pendant environ une heure, mais cela semble être une éternité =) Des voitures passent en trombe. Enfin - sur une colline, il y a un motel, je vois le panneau ! J'ai grimpé la colline - un motel américain en bord de route, eh bien, comme on en voit dans les films. Des tonnes de chambres en rangée, chacune avec sa propre porte, devant la porte une place pour la voiture, au milieu du bâtiment une section à deux étages - c'est probablement là que vit le propriétaire. Minuit, et là, je réalise que je n'ai aucune idée dans quel numéro vit ce Vanya... zut... Pendant une demi-heure, je frappe chez le propriétaire - personne. Sur sa porte, il y a un panneau "complet", peut-être qu'il s'est éclipsé quelque part ? Je frappe à la dernière chambre - ça bouge à l'intérieur, ils se réveillent, mais n'ouvrent pas la porte. C'est compréhensible - ils ont peur. Merde. Je ne vais pas frapper à chacune des 20 chambres. Il a commencé à faire vraiment froid, j'ai réalisé que pour le logement aujourd'hui, c'était raté. Bêtement parce que j'ai mal préparé mon arrivée.
Derrière le motel, il y a un magasin Wawa ouvert 24h/24, à la station-service. J'y suis entré pour manger et me réchauffer, une heure du matin, le vendeur me regarde bizarrement. Mais je ne partirai pas d'ici - dehors, il fait vraiment un froid de canard, même si j'ai mis tous mes vêtements chauds, y compris un bonnet en laine. Résultat, il a appelé le manager.
Le manager effrayant s'est avéré être un gars génial. Pendant une demi-heure, il me pose des questions, essayant de savoir si je ne suis pas un fou, il croit difficilement mon histoire. Et finalement, il me propose de passer la nuit chez lui. Il faut dire qu'il m'a vraiment sauvé. Parce qu'à ce moment-là, je commençais déjà à trembler de froid, de faim et simplement d'épuisement nerveux. Je ne me souviens plus du nom du gars, chauve, la quarantaine, nous avons roulé jusqu'à chez lui pendant une heure entière, dans un cabriolet rouge, il a fait l'éloge de mon anglais et m'a posé des questions sur la Russie, il a une maison de plain-pied chic, il vit avec un énorme Saint-Bernard gras =) Il m'a donné un lit et avant de m'effondrer directement habillé, je me souviens qu'une pensée m'a traversé l'esprit, et si l'oncle était gay, j'ai décidé que je me débrouillerais avec lui si besoin et je me suis endormi.
L'oncle s'est avéré être normal et très hospitalier - le matin, nous étions assis sur la véranda à boire du chocolat chaud, et le Saint-Bernard bâillait confortablement, ramolli au soleil. L'oncle a raconté plein de trucs sur la vie locale, a dit qu'à Exton, il est impossible de vivre sans voiture, il n'y a même pas de trottoirs ici et m'a conseillé de déménager dans la ville étudiante voisine de West Chester, "là-bas, il y a des jeunes et ça devrait te plaire". Il a aussi raconté qu'il économisait de l'argent pour partir au Moyen-Orient et qu'il suivait actuellement des cours d'arabe... Il s'est avéré qu'il connaissait parfaitement l'histoire russe, bien mieux que moi, à ma grande honte. Il a dit qu'il avait eu de bons gars russes qui travaillaient pour lui l'année dernière, et que si j'avais besoin d'argent, il m'aiderait aussi avec du travail. Ensuite, cet homme bon m'a emmené chercher le bureau à l'adresse indiquée sur l'offre, qui s'est avéré être un hangar bien caché. D'une manière ou d'une autre, ils ont entendu que nous arrivions et sont sortis m'accueillir. Mon apparition était assez spectaculaire, dans ce cabriolet rouge =) J'ai dit au revoir au bon oncle manager de Wawa qui m'avait tant aidé et j'ai pris son contact (que j'ai malheureusement perdu plus tard).
"You must be Alex?" sourit un homme costaud aux larges épaules. C'est David, mon patron. Juif, d'ailleurs...
Une nouvelle page de ma vie en Amérique a commencé.

