Qu'est-ce que ça signifie vraiment de tenir un blog ? Ça sonne plutôt cool. Probablement que les lecteurs cherchent quelque chose de nouveau, d'intéressant et d'utile lorsqu'ils lisent des blogs. En ce qui me concerne, je ne suis pas journaliste, ni une super écrivaine, je veux juste ne jamais oublier ce qui m'est arrivé, ce qui m'arrive et ce qui m'arrivera encore cet été. À 20 ans, j'ai commencé à comprendre à quel point le temps est impitoyable, à quel point la vie passe vite et à quel point nous retenons peu de choses. Chaque fois que je fais quelque chose d'inhabituel et d'intéressant, je me dis : « ça, j'aurai des choses à raconter à mes enfants », mais au final, je ne m'en souviens même pas de la moitié. Seuls quelques fragments restent en mémoire, et souvent, ce ne sont pas les plus agréables. Après tout, la mémoire humaine a cette propriété étonnante. On se souvient souvent des moments où l'on ne se sentait pas au mieux – honteux, malchanceux... Ça se grave dans la mémoire. Et à l'inverse, quand nous sommes heureux, que tout va bien, notre corps se sent calme, stable, et la mémoire efface cela petit à petit.
Pour ne pas répéter mes erreurs, pour ne pas dire à mon arrivée que je ne me souviens de rien, et pour ne pas avoir à raconter mon voyage à tout le monde encore et encore, j'ai décidé de commencer mon journal ici, où chaque participant J-1 peut exprimer ses sentiments, partager ses expériences et peut-être même trouver de nouveaux amis. C'est précisément ici, parmi les nôtres, parmi des étudiants qui, comme moi, sont partis chercher l'aventure.
Tout d'abord : je suis dans l'État du New Jersey. Oui, oui, dans ce même New Jersey d'où venait la jeune fille du film « Coyote Girls » pour conquérir New York. La ville balnéaire de Wildwood m'a accueillie avec son air chaud et humide. Vide et déserte en hiver, en saison estivale, Wildwood accueille jusqu'à 250 000 visiteurs en même temps !
Maintenant, je termine mon 7ème jour aux États-Unis. Une semaine, je regarde en arrière – seulement une semaine ? On dirait qu'une petite vie entière s'est écoulée. Je me souviens que chaque jour, je voulais prendre des notes et je ne pouvais pas – soit je n'avais pas le temps, soit je n'en avais pas l'occasion. En général, depuis l'enfance, je n'aimais pas écrire des rapports quotidiens, ça ne marchait tout simplement pas pour moi. Je me demandais : est-ce que j'arriverai à tenir un journal aux États-Unis ? L'avion a décollé, je me suis habituée petit à petit à la nouvelle sensation du vol, au bruit, au bourdonnement des turbines, aux nuages dans le hublot, et j'ai eu envie d'écrire ! Il y avait tellement d'émotions différentes qui me submergeaient. Écrire, écrire, écrire. J'ai mis mon ordinateur portable en soute car il ne rentrait tout simplement pas dans mon bagage à main, et j'essayais de tout faire entrer dans un petit sac à main de femme. En général, j'ai un sac à dos, je l'adore, il est pratique, mais j'ai lu quelque part qu'ils pourraient le considérer comme un bagage et me le prendre. Il serait temps de s'habituer au fait qu'on ne peut pas croire les articles sur Internet. Mais quand on est débutant dans le programme J-1, et qu'on n'a jamais pris l'avion, tous ces posts d'anciens participants sont incroyablement captivants, on dirait presque une Alma Mater ! Bref, j'ai été surprise quand les gens prenaient de petites valises dans l'avion :))
Revenons-en, l'ordinateur n'était pas là, et moi (je m'en étonne encore !) j'ai commencé à écrire sur des feuilles de bloc, heureusement j'en avais pris quelques-unes avec moi. Un tel mélange d'excitation, d'admiration, de peur – et j'écris, j'écris... Et ce n'était que le début de la découverte de mes « talents ». J'ai appris beaucoup sur moi-même dès la première semaine, on aurait dit qu'avant, je n'étais pas capable d'une telle chose !
Je vais essayer de trier et de publier ce que j'ai écrit dans l'avion. Il y aura de tels retours en arrière au fil du journal-blog. Et je ne sais pas du tout ce qui va en sortir ! Mais quelque chose en sortira, n'est-ce pas ?
