Un petit flocon de neige transparent, voletant d'un côté à l'autre, s'est posé doucement sur la paume de ma main. J'étais assise près de la fenêtre ouverte, écoutant la mélodie silencieuse de la neige qui tombait. Cela faisait longtemps que cet invité hivernal blond n'avait pas égayé nos contrées de sa présence. Si je ne me trompe pas, la dernière fois que j'ai réussi à chausser des skis, c'était vers 2017, et cela fait plus de dix ans ! Eh bien, une chute de neige inattendue est une bonne occasion de nostalgie pour une jeunesse irrémédiablement disparue...
Je sors la guitare, j'époussette sa taille et... « Combien d'années ont passé, les fils bourdonnent toujours la même chose, les avions attendent toujours la même chose... » Mon Dieu, c'est comme si une machine à remonter le temps m'emmenait dans ce lointain 2008, au point de départ de ma vie d'adulte. Comment je me suis approchée à pas timides des portes d'IEC, comment j'ai tiré la poignée... À l'époque, je ne pouvais pas imaginer où cette porte tant désirée me mènerait ! Ce que je ressentais à ce moment-là, les mots ne peuvent l'exprimer ! C'était un cocktail des espoirs les plus mûrs et les plus audacieux, saupoudré de la poudre d'une attente anxieuse, décoré de la cerise de la curiosité. Je sens encore ce goût sur mes lèvres, il est tout simplement impossible de l'oublier... Ceux qui ont été à ma place me comprendront ! Derrière cette porte m'attendait un rêve, non – un RÊVE, brillant et chéri, qui était destiné à se réaliser... Un rêve qui m'a changée pour toujours et a fait de moi ce que je suis aujourd'hui.
Le hurlement d'une sirène devant la fenêtre me ramène dans le futur. Je m'approche de la fenêtre, j'inhale l'air frais de la nuit. Je n'arrive même pas à croire que tant d'années ont déjà passé ! Autour de moi, il n'y a plus de blocs de neuf étages gris et sans visage, mais des gratte-ciel à la mode qui s'élancent vers le ciel, scintillant dans les lumières de la nuit avec leur surface miroir. Beaucoup de choses ont changé depuis. Les ordinateurs portables sont devenus encore plus fins, les téléphones encore plus petits, les voitures encore plus rapides, et il y a encore plus de noix dans le Snickers. La mondialisation a atteint son apogée avec l'introduction d'une monnaie mondiale unique, ce qui a considérablement facilité la vie des voyageurs et des faussaires. Les robots ont remplacé le travail manuel humain à 80 %, laissant aux gens plus d'espace pour l'épanouissement personnel. L'exploration spatiale progresse à pas de géant – maintenant, il y a des traces humaines non seulement sur la Lune, mais aussi sur Mars et Vénus.
La réalisation la plus importante de la modernité est peut-être l'invention, il y a un an, par des scientifiques russes, d'un remède contre le SIDA. Ainsi, la peste du XXe siècle est désormais terminée et le monde a poussé un soupir de soulagement. Les miracles du génie génétique permettent désormais aux futurs parents de planifier à l'avance le sexe de leur enfant, ainsi que certaines de ses caractéristiques, comme la couleur des yeux, des cheveux, la taille... J'espère que ces réalisations n'iront pas trop loin, sinon nous attend une génération de génies estampillés avec une apparence de mannequin. Grâce au clonage, il a été possible de ressusciter de nombreuses espèces d'animaux et de plantes disparues. Ah, au fait, j'ai failli oublier ! Nous avons gagné les Jeux olympiques de Sotchi avec dignité, en obtenant le plus grand nombre de médailles et en prouvant une fois de plus au monde entier que le sport dans notre pays n'est pas mort. Mais championne du monde de football, aussi triste que cela puisse être, notre équipe nationale ne l'est jamais devenue...
Chez IEC, de nombreux nouveaux programmes sont apparus pendant cette période, assez audacieux et très intéressants. Le plus extrême est un voyage dans les forêts sauvages de l'Amazonie dans le but de se connecter à la nature et d'acquérir des compétences de survie dans des conditions sauvages. Mais le programme le plus populaire reste Work and Travel, qui couvre aujourd'hui presque tout le globe. Maintenant, on peut aller dans presque n'importe quel pays du monde, en fonction de ses objectifs et de ses préférences. De plus, avec l'aide d'IEC, on peut désormais accueillir un étudiant d'un autre pays arrivé via le même programme.
Oui, il peut vraiment sembler que beaucoup de choses ont changé. Mais en réalité, ce n'est que l'enveloppe, l'emballage brillant de notre vie, qui change de couleurs, de formes et de tailles... Mais l'essence reste inchangée depuis de nombreuses, nombreuses années. Les fils bourdonnent vraiment toujours la même chose, et nos avions attendent toujours la même chose. Le bien lutte toujours contre le mal, et nous continuons à croire qu'il gagne toujours... Les gens cherchent toujours quelque chose, souvent sans savoir eux-mêmes quoi... Nous aimons, haïssons, souffrons, nous réjouissons toujours... Seuls les décors changent. Et IEC continue d'offrir aux gens un rêve, dont les souvenirs, même après de nombreuses années, les réchaufferont lors des froides soirées d'hiver, tout comme moi maintenant. Et c'est le plus important. Car les moments offerts par IEC sont inestimables : le rire amical, les nouvelles rencontres, les larmes d'adieu, les épreuves et les victoires, le bruit de l'océan, la chaleur des mains aimées, le sourire d'un inconnu, une danse fortuite sur la plage, l'odeur de la Patrie... C'est ce qui est vraiment important et significatif, et non quelques milliers de dollars et des iPods rapportés à la maison. Et des millions de personnes continueront longtemps à s'approcher avec révérence de la porte convoitée d'IEC, pour rencontrer derrière elle leur nouvelle vie, pour se trouver à l'autre bout de la Terre, pour défier leurs peurs et leurs doutes. Seulement, ce ne sera plus nous...