Septembre était arrivé... et le jour où nous devions rentrer à la maison approchait de plus en plus... et ma dépression, entre-temps, devenait de plus en plus forte... Quand nous réalisons que nous allons très bientôt perdre quelque chose ou quelqu'un, nous commençons à l'apprécier encore plus. Je pense que jusqu'à ce moment-là, Aseka et moi n'avions pas pleinement réalisé que nous étions en AMÉRIQUE !!! Tant que nous y vivions, c'était pour nous une chose ordinaire... et alors, c'est l'Amérique... un pays ordinaire... Mais quand le moment est venu de dire au revoir à ce pays ordinaire, j'ai soudain eu comme une illumination : « Mon Dieu, je suis en Amérique... et dans quelques jours, je partirai d'ici et je ne sais pas si je reviendrai un jour. » J'aspirais l'air avec avidité, j'essayais de passer plus de temps dehors, en admirant les magnifiques paysages de Cody. La pensée que je devais bientôt quitter la ville que j'avais appris à aimer si profondément me tuait de l'intérieur... mais je ne pouvais rien changer... l'été était fini et il fallait se préparer à rentrer à la maison. Quand nous sommes arrivées, Aselya me disait qu'elle n'arrivait pas à croire que nous étions en Amérique... et ce n'est que quand le moment est venu de partir qu'elle y a enfin cru... mais il était déjà trop tard... Quelqu'un pourrait penser que je me contredis : j'écris que l'Amérique est un pays tout à fait ordinaire et en même temps je pleurniche parce que je ne voulais pas en partir... Oui, je ne voulais pas partir, mais pas parce que j'aimais tant ce pays... non... je ne voulais pas m'éloigner des souvenirs qui me liaient à l'Amérique, ou plus précisément à Cody... je ne voulais pas quitter ces gens si doux et incroyablement touchants... je ne voulais pas quitter Cody, la ville la plus merveilleuse du monde entier ! Nous avons eu beaucoup de mal au début, nous avons dû devenir soudainement totalement autonomes et résoudre nous-mêmes tous nos nombreux problèmes... et quand on obtient quelque chose avec beaucoup d'efforts, c'est précisément ce qu'on ne veut surtout pas perdre...





